RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au Café de la Cloche proche de la place Bellecour. Merci de penser à vous désinscrire en cas de désistement.
Le sujet de la séance du 20 octobre :
Les apparences - Les apparences nous définissent-elles ?
Texte introductif proposé par Sébastien J.
Nous opposons parfois l’apparence d’une chose, ce qu’elle semble être à ce que cette chose serait “en réalité”, ce qu’on peut savoir d’elle si on l’analyse en détail, si l'on cherche à comprendre son essence.
Cette manière de considérer la chose est fortement influencée par le platonisme, qu’illustre par la métaphore de la caverne : l’expérience, le vécu serait confronté à la surfaces des choses, enchaîné aux apparences. Seul l'esprit éclairé serait en mesure d’apercevoir la réalité sous-jacente : des idées éternelles reconnaissables derrière les reflets trompeurs de la matière. Ainsi cette structure invisible serait d’une certaine manière plus réelle que la réalité apparente, que l'expérience immédiate.
Mais faut-il systématiquement vouloir séparer la chose de l’apparence de la chose ? Si l’on considère la couleur rouge son essence même est d'apparaître pour être reconnu comme rouge. Un humain qui n'apparaît pas est un personnage de fiction et non un individu réel et les apparences ne sont pas toujours trompeuses.
La science nous apprend à nous départir des apparences en créant des modèles abstraits, mathématiques, détachés de l'apparence et permettant d’avoir une emprise sur les choses. Cependant faut-il considérer ces modèles comme la nature réelle de l’univers, la science nous donnerait-elle accès à l’envers du décor, à des vérités profondes, ou serait-ce de simples constructions mentales ; conformes à la structure de la nature mais ne révélant aucune vérité sur ce qui est rencontré dans l’expérience vécue.
De manière similaire, si l’on pense à ce qui nous définit, pourquoi vouloir séparer ce qui apparaît de ce que l’on serait vraiment en tant qu’individu ? Si on met de côté les aspects objectifs de notre identité comme nos caractéristiques physiques et biographiques, notre univers mental peut être considéré comme la partie immergée de l'iceberg : Nos pensées ne sont pas accessibles et si elles font grandement ce que nous sommes, nos actes sont des phénomènes qui ne révèlent pas toujours nos intentions réelles.
Mais avons-nous toujours accès à nos propres intentions ? Ne sommes-nous pas parfois convaincu d’agir selon notre bon droit alors qu’un observateur extérieur apercevra facilement que nous sommes davantage sous le coup de l’émotion, donnant des raisons fallacieuses à nos actes ?
Il est par ailleurs très désagréable de se voir jugé sur ses apparences, et la moralité ordinaire voudrait que nous évitions de le faire aux autres. Il est souhaitable que nous prenions la peine d’aller au-delà de notre première impression et que nous comprenions les intentions de notre interlocuteur.
Pourtant si on peut dépasser les apparences nous savons qu'elles ne peuvent être complètement négligées… et nous sommes généralement attachés à les soigner. Que ce soit par orgueil, pour se faire remarquer, par respect pour les conventions ou désir d’être agréable à son entourage, la manière d'y prendre soin - ou le fait même de ne pas y donner trop d'importance - trahit notre intériorité.
Mais pourquoi nous sentons parfois coupable de trop en faire ou pas assez, de n’avoir pas une apparence authentique, de se sentir être dans l’imposture ? D’où viennent les décalages ressentis entre notre comportement et notre apparence physique ou vestimentaire ?
Aurions-nous une identité profonde qu’il nous faudrait découvrir, nous permettant enfin de ressembler à qui nous sommes vraiment. Telle que serait l’idée platonicienne dernière la réalité matérielle aurions nous un vrai moi. Qui pourrait se révéler derrière les apparences lorsque nous sommes épanouis ou aux yeux de ceux qui nous comprennent vraiment ? Nos âmes sœurs ?
A moins que cette cette personnalité en germe ne soit qu'un mythe, et que ce que nous sommes vraiment évolue, se construise en permanence dans chacun de nos gestes, dans notre manière d'apparaître au monde ?
Apparence - Définitions
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9A2180
https://www.larousse.fr/encyclopedie/philosophie/apparence/191231
L’identité
https://stm.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-4-page-261#s1n1