La naturePour saluer l'arrivée du printemps, le café philo du mardi 5 mai portera sur le thème : la nature.
**Pour remercier l'établissement qui nous accueille, nous invitons chaque participant à prévoir de consommer au moins deux plaisirs à la carte (liquides ou solides).**
*“Dieu, autrement dit la nature : une seule et même chose.”*
Baruch Spinoza
*“L'homme est la nature prenant conscience d'elle-même.”*
Élisée Reclus
*“La nature, pour être commandée, doit être obéie.”*
Francis Bacon
Chaque jour on nous parle de la nature, et pourtant, bien malin sera celui qui pourra la définir précisément. Évidence si grande qu’elle-même fonctionne comme un synonyme du mot évidence, elle a en même temps requis des premières civilisations l’invention de mythologies complexes pour révéler ses visages multiples et changeants, de la croissance des blés au déferlement terrible des laves, en passant par la puissance des flots et la trajectoire des étoiles : la nature est la force de développement toujours recommencée dont le mouvement est celui de la vie elle-même, avec ses naissances et ses destructions, à la fois mère nourricière et marâtre cruelle autrice des maladies, des baies toxiques et de l’échelle très aristocratique de la prédation.
Face au monstre sauvage, le mot “nature” et toute notre culture ont été pendant des siècles les instruments nous permettant de l’apprivoiser, puis, avec l’aide de la physique et des autres sciences, de comprendre et d’exploiter des ressources dont nous tirons un confort et une puissance matérielle jamais égalées auparavant, au point que le danger réside désormais moins dans la nature elle-même que dans ce que l’être humain en a fait. La culpabilité d’avoir dénaturé la nature induit en nous une nostalgie de l’origine grâce à laquelle la nature devient l’argument ultime du marketing et le critère de toute éthique, dont la biodiversité pourrait être un des symboles, et le vert ou le bleu les couleurs.
Et si la force aveugle par laquelle l’être humain déséquilibre la planète était la même que celle qui a massacré les innocents dinosaures ? Notre plus grande angoisse serait de nous rendre compte que la nature n’est pas une mère ou un dieu mais nous-mêmes et que nous sommes pleinement responsables de notre destin.
Questions principales
\- L’homme fait\-il partie de la nature ou la dépasse\-t\-il ?
\- Par quel critère distinguer ce qui est naturel de ce qui est artificiel ou culturel?
\- Pourquoi sacralisons\-nous la nature tout en nous prémunissant contre elle ?
\- Trouver la nature belle et lui donner des droits\, est\-ce forcément la personnifier?
Ouvrages-clés
\- Aristote\, Physique\, IVe s\. av\. J\.\-C\. \(lien\)
\- Lucrèce\, De Rerum Natura\, Ier s\. av\. J\.\-C\. \(lien\)
\- René Descartes\, Méditations Métaphysiques\, 1641 \(lien\)
\- Philippe Descola\, Par\-delà nature et culture\, 2005 \(lien\)
Références
\- Grizzli man\, film de Werner Herzog\, 2005 \(lien\)
\- Le Siècle vert\. Un changement de civilisation\, collection “Tracts Gallimard”\, Régis Debray\, janvier 2020 \(lien\)
\- “La nature\, un commun singulier?”\, émission Entendez\-vous l’éco ? par Tiphaine de Rocquigny\, vendredi 22 mai 2020 \(lien\)
\- “Les aventures de Lady Gaïa\, la déesse Terre : la naissance du Cosmos”\, série “Les dieux et la nature\,” Quand les dieux rôdaient sur la Terre\, Pierre Judet de La Combe\, 17 mai 2025 \(lien\)
*Organisé de manière indépendante, le café philo d’Antibes vous propose de vous retrouver une fois par mois dans le bar La Fourmilière pour discuter de sujets philosophiques dans la convivialité, le respect et la curiosité.*