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RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au café de la Cloche proche de la place Bellecour.

Le sujet de la séance du mardi 31 mars: Le silence
Le silence est-il un cri intérieur ?
Texte introductif proposé par Elena V. :

« Le silence est si profond autour de moi, que je crois entendre le clair de lune se briser contre les vitres.
Une voix étrange s'est éveillée en moi, un désir qui n'est pas le mien »
Parler du silence, c’est le briser, alors quoi de plus adéquat que ce poème de L.Blaga pour s’en rapprocher, timidement, de cette entité à plusieurs visages, qui sépare ceux qui n’ont rien à se dire, tout en réunissant ceux qui se comprennent sans dire un mot.
Nulle part le gout du paradoxe n’a pas été autant nourri. Vide qui attend d’être comblé ? Absence du bruit ? Ou silence éloquent, tonitruant ? Autant droit que supplice, le silence peut-il être une manifestation éclatante d’une résistance, d’une révolte muette, d’un mépris, d’un sentiment de supériorité (ou d’infériorité), d’une honte ou contrition, parfois d’une forme d’impuissance ? Le silence peut-il être imposé, forcé, un cri impossible à exprimer, longeant l’horreur, le tabou, ou une fracture intérieure (dissociation), comme dans le trauma ?
La pluralité de ses fonctions serait-elle la source de sa puissance ?
Pour Jankélévitch certains silences seraient non pas comme le néant de Parménide (rien de tout être) mais plutôt une « musique de l’ineffable », comme les « grandeurs négatives » dont en parle Kant. Dans « Crainte et Tremblement », Kierkegaard choisit le pseudonyme « Johannes de SiIlentio » pour parler d’intériorité inexprimable.
Qui ne dit rien, consent-il ? Selon John Cage le silence est un « ensemble des sons non voulus ». Langage implicite, le silence éloquent ouvre à l’intérieur de l’être l’espace de la différence. Outil dramatique essentiel il ponctue la musique, dans le théâtre il longe les spectateurs dans l’attente, souligne une émotion ou laisse place au rire. Là où le langage ne cesse pas d’aggraver le malentendu (comme chez Ionesco), l’aposiopèse (une suspension de l’expression) en dit plus long que les mots.
Le silence peut-il être source de créativité ? Ou, à l’image de Descartes dans son poêle, origine d’une pensée nouvelle ?
Contraire à un indice du rien ou d’un vide menaçant, le silence peut-il faire taire un monde saturé de bruit, de superficialité, puis faire taire sa pensée et arriver à une forme de clarté, de liberté intérieure, comme dans les silences mystiques ?
Enfermés dans leurs chambres anéchoïques, les hommes se taisent. Les vautours crient. La mort. La minute de silence.

Le silence est d’or - Série de podcast
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-le-silence-est-d-or

"Le Silence de la mer" de Vercors lu par Michel Bouquet
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/le-silence-de-la-mer-de-vercors-lu-par-michel-bouquet-6634510

Silence et philosophie
https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_2005_num_103_4_7634

Notre cerveau peut entendre le silence
https://www.radiofrance.fr/franceculture/notre-cerveau-peut-entendre-le-silence-7997559

Lorsque le silence cache un cri intérieur
https://nospensees.fr/13124-2/

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