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Rencontre hebdomadaire autour d'un thème donné pour débattre dans un café. Tout le monde est le bienvenue, venez comme vous êtes, avec vos connaissances, vos idées, et votre point de vue.
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Café-Philo du Mardi
Le Café de la Cloche, 4 Rue de la Charité (Lyon 2ème), Lyon, FRRDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au café de la Cloche proche de la place Bellecour.
Sujet de la séance du mardi 28 avril: L’utopie
Les utopies doivent-elles être réalisées ?
Texte introductif proposé par Caroline N. :Du grec, signifiant sans lieu, l’utopie est un terme qui a été inventé par Thomas More au XVIe siècle dans son œuvre éponyme. Mais elle est en réalité beaucoup plus ancienne puisque Platon, et d’autres penseurs, avaient déjà décrit des sociétés imaginaires dénuées des travers de celles de leur temps. En effet l’Utopie se définit par une société alternative, inexistante, mais permettant de penser le réel d’une autre manière. Dans son sens contemporain elle est dotée d’une connotation positive, optimiste, à l’inverse de la dystopie. Serait-il naïf que de chercher à rendre l’utopie réelle ? Serait-ce une déconnexion de la réalité que de vouloir rendre concret des fantasmagories forgées à l’encre ?
Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? N'est-ce pas en cherchant à tendre vers un monde parfait, que l’on serait susceptible de sombrer vers une forme de rigidité, où le bien serait clairement défini et où l’alternative et la pensée en dehors du champ collectif deviendrait impossible ? Qui décide de ce qu'est le bien ? Et pour qui ? Si l’Utopie se caractérise par le fait de ne pas exister, et d’être relative à une société pour la remettre en question, n’est-elle pas supposée se définir par sa flexibilité et la pluralité des possibles plutôt qu’un objectif gravé dans le marbre ?
Ne risquerait-on pas, en cherchant à réaliser une utopie, d'entrer dans une anti-utopie, à savoir, une société utopique en apparence mais qui en réalité aliène les individus au point de ne plus pouvoir remettre en question l’ordre établi ? La volonté de régir un tout, plutôt que de séparer et régler les différents problèmes d’une société, n’est-elle pas vouée à conduire à un totalitarisme déguisé. Karl Popper, en effet, critique l’aspect holiste des utopistes, dénonçant une contradiction réductionniste inconsciente des réalités sociales et une impossibilité à la société-utopique de s’auto-réformer. Selon lui, la forma mentis utopique tend à forcer les choses plutôt qu’à se modifier elle-même. Ainsi plusieurs œuvres, telles que le meilleur des mondes ou Bienvenue à Gattaca questionnent l'idéal d'un progrès technique comme solution miracle et générale à tous les problèmes spécifiques d’une société plutôt que de les traiter au cas par cas.
Mais partir du principe qu'une utopie serait irréaliste ne reviendrait-il pas à tomber dans le fatalisme et à se priver d'une pensée alternative ? En se restreignant d’imaginer un futur différent de ce que nous propose le présent, ou de se projeter par défaut dans un futur dystopique, qui nous semblerait beaucoup plus réaliste, nous nous condamnons dès lors à la passivité et à l’acceptation de ce futur, qui nous fait pourtant si peur. Ne devrait-on pas contrebalancer la masse d'œuvres dystopiques conduisant au pessimisme par des œuvres utopiques qui nous permettent de relever les yeux ?
Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain (Victor Hugo). Quel est le caractère performatif des œuvres utopiques ? Partir du principe que le monde est ce qu’il est, car il aurait été déterminé comme tel, en dehors de toute contingence, ne serait-ce pas une forme de soumission de la pensée envers un statu quo ? Les penseurs humanistes ont permis de remettre le destin de l’Homme entre ses mains, plutôt qu’en une puissance divine en se donnant le droit de réinventer le monde à travers la fiction. Ne risque-t-on pas de revenir en arrière en sombrant dans le pessimisme et en perdant notre capacité d’imaginer ? Suffirait-il de croire en des personnages déraisonnables écrits de toute pièce pour bousculer le réel ? N’est-ce pas l’espoir et la projection vers un horizon inatteignable, comme la tâche de Sisyphe dans le mythe, que d’accepter qu’on n’arrivera jamais à atteindre l’utopie tout en cherchant malgré tout à l’effleurer du bout des doigts ?
Éloge de l’utopie - Carla Danani
https://shs.cairn.info/revue-diogene-2021-1-page-35Manquons-nous d' utopie ? - 42 - La réponse à presque tout - Arte
https://youtu.be/IBSxzjhQONM?si=73Z7BGOTY3pOraDGUtopie, origine du mythe - Hydre Aux mille têtes
https://youtu.be/NUQBs_waFhE?is=wRs158QIB0X7SRDFSolarpunk : la récupération d'une utopie écologique - Architekton
https://youtu.be/mDz_GfI3Q5A?si=W8BQDG5xbkeRVCjMEt si on lisait...l'Utopie de Thomas More (lecture en ligne) - Planèthéo
https://youtube.com/playlist?list=PLU4z-hHV6DTu6gvCH3-uL24MgT_42iJXA&si=XAvs24QfjiTvzgsA25 attendees
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