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Pour séance d'ouverture, on se réunira au restaurant "Les Editeurs" du carrefour de l'Odéon pour parler de "Kiritsubo" autour d'un dîner. Voici son premier paragraphe, très célèbre.

"Sous quel règne je ne sais, dans ce temps-là en tout cas - alors qu'il y avait une cohorte de courtisanes à la cour de Kyoto, une seule d'entre elles, quoique de rang médiocre, s'était démarquée par les faveurs de l'empereur. Les grandes princesses dont chacune était demeurée persuadée, depuis le jour de son entrée à la cour, de sa chance de devenir l'élue, regardèrent avec dépit et dégoût cette rivale que, jusque-là, elles ne considéraient pas comme telle; mais c'étaient surtout celles, de rang égal à cette femme ou encore de rang inférieur à elle, qui ne pouvaient souffrir de la voir sans sentir leur coeur soulevé de noires pensées."

D'entrée de jeu, la problématique est posée : l'amour (non l'intimité) est-il de par sa nature politique, ou pas? Vous voyez déjà, c'est vous-même qui êtes interrogé(e). Ce roman parle de nous et de rien d'autre.

Dans ce tome, il s'agit de la violence sociale et existentielle, consubstantielle du code de l'élégance, de la mort de la chair, du deuil de la résonance des mots, de la rêverie des vaincus: tout ce qui a précédé la naissance du prince Genji. Les chants d'insectes d'automne, le son du luth solitaire, le clair de lune derrière les arbres décharnés les accompagnent.

*LANGUE
Français. Mes amis japonais qui participeront sont francophones.

*MATERIEL
Je vous ferai parvenir à une semaine de la réunion une traduction française des parties concernées faite par moi. Ce principe s'appliquera à chaque fois.

*RAPPEL
Ce n'est en aucun cas un cours d'initiation ni même une série de conférences. C'est un lieu d'échange. Les barrières de langues et de codes culturels, il m'appartient de les détruire avant même que vous ne veniez. Venez sans connaître ce texte, ni aucune familiarité avec la culture japonaise. Une culture littéraire mondiale et une réactivité aux métaphores sont suffisantes.

Que chacun apporte ses références littéraires. Toute suggestion de lecture comparative est bienvenue, citez des oeuvres occidentales auxquelles ce texte vous fera penser.

*CONSIGNE SPECIALE
Au cours de la discussion, privilégions les voix des lectrices, n'en déplaise aux lecteurs, eu égard à ces faits historiques-ci : le texte a été écrit par une femme, dans une langue que les femmes avaient créée à leur usage privé.

*REFERENCE
Voici une partie de la traduction anglaise lue par Virginia Woolf dès sa parution de 1925. Celle par Sir Arthur Waley.
1ère traduction anglaise du Dit du Genji par Sir Arthur Waley (1925)

Et le programme que je viens de découvrir de l'expo Guimet de l'année passée. On y trouve de bons résumés d'intrigues et de personnages, surtout la liste des titres des chapitres, assez bien traduits.
Les titres des chapitres et programme de l'Expo Guimet 2023-2024

En supplément, il n'est pas inintéressant de consulter les premières impressions de la Dame Woolf elle-même lors de sa rencontre - la toute première de l'Occident - avec le roman en 1925 :
Eloge du féminin par Virginia Woolf (1925)

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