Café-Philo du Mardi
Détails
RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au café de la Cloche proche de la place Bellecour.
(Autre séance qui aura lieu simultanément au café Français : https://www.meetup.com/cafe-philo-lyon/events/315069108/?isFirstPublish=true)
Le sujet voté lors des précédentes séances : Sommes nous tous drogués?
Merci à Mnasser pour avoir preparé l’introduction au sujet !
Les êtres humains ont constamment recherché des sources de plaisir, de confort et parfois d’évasion, afin de mieux percevoir la réalité ou de mieux faire face à elle, que ce soit à travers des substances ou sous d’autres formes. Cependant, les substances, dans ce contexte, peuvent être une arme à double tranchant. En modifiant la perception, elles peuvent entraîner plusieurs effets négatifs, immédiats ou progressifs, tels que l’addiction, l’accoutumance, les hallucinations, une altération du fonctionnement quotidien et, dans les cas les plus graves, l’overdose.
Alors, est-il possible que le concept de drogue dépasse le cadre des substances ? Les désirs humains, les habitudes et les mécanismes d’adaptation peuvent-ils être comparés à des formes d’addiction ? Et où se situe la frontière entre nécessité, habitude et dépendance ?
Si la drogue se caractérise entre autres par la recherche d’une récompense, poussant à recommencer encore, et encore. Dans ce cas, où retrouve-t-on cette forme de plaisir ailleurs ? Partout. Nous vivons dans un monde où il est souvent plus facile de trouver du plaisir que de trouver de la joie. Les réseaux sociaux en sont un exemple clair. Nous publions quelque chose, puis nous attendons. Nous attendons les likes.
Est-ce un objectif conscient ? Il suffit d’un stimulus capable de produire une récompense. Et lorsque celle-ci disparaît, le besoin de la rechercher réapparaît. Et ainsi, le cycle est complet, prêt à se répéter indéfiniment. Alors, peut-on éprouver du plaisir sans être piégé dans ce cycle ? Ou sommes-nous condamnés à être à la fois les maîtres et les esclaves de notre propre quête du plaisir ? Nous faisant dès lors perdre notre perception du réel…
Les peurs peuvent sembler plus petites, les inquiétudes s’estomper, et la réalité être temporairement remodelée. Les idéologies et les croyances peuvent également influencer la manière dont nous interprétons le monde. Elles ne changent pas nécessairement la réalité elle-même, mais elles peuvent profondément en modifier le sens. Les films, les séries et les jeux vidéo peuvent offrir un refuge temporaire face à l’ennui, la souffrance ou les pressions du quotidien. Pendant un instant, l’attention est détournée ailleurs, et la réalité devient moins présente.
Mais si le besoin d’évasion n’est pas propre aux drogues, pourquoi certaines formes d’évasion sont-elles considérées comme normales, tandis que d’autres sont condamnées ? Où doit-on tracer la frontière ?
Si nous dépendons de l’approbation des autres, notre bonheur devient vulnérable à leur jugement. Si nous dépendons entièrement de notre travail, notre valeur personnelle fluctue avec notre réussite professionnelle. Si nous dépendons d’une communication ou d’une validation constante, l’absence peut être vécue comme une perte.
Cependant, la dépendance n’est pas toujours négative. Nous dépendons du sens, des relations et des autres. Une indépendance totale n’est peut-être ni possible ni souhaitable. Alors, la dépendance est-elle définie par ce à quoi nous nous attachons, ou par le degré de contrôle que cela exerce sur nous ?
Une fois qu’une chose prend du pouvoir sur nous, que se passe-t-il lorsqu’elle ne suffit plus ?
L’une des caractéristiques principales de l’addiction est l’accoutumance. Ce qui autrefois produisait un effet fort devient progressivement banal. Pour obtenir le même effet, une dose plus importante devient nécessaire. Le plaisir, l’attention ou la réussite peuvent suivre une logique similaire. Nous pouvons dès lors nous demander si une exposition répétée peut modifier notre perception. Des idées, des comportements ou des images qui choquaient autrefois, peuvent devenir familiers. Et ce qui est familier finit souvent par sembler normal. Cependant, ce qui devient normal par répétition n’est pas forcément juste. Si l’exposition façonne notre jugement, comment distinguer le véritable progrès de la simple habituation ?
Et comment s'en manifesterait le sevrage ? Lorsque le stimulus disparaît, un vide apparaît là où il existait auparavant. Le sevrage est-il la douleur de la perte, ou l’inconfort de se retrouver face à soi-même sans distraction ? Face à ce vide, apprenons-nous à vivre avec, ou cherchons-nous immédiatement un substitut ? Craignons-nous réellement l’absence, ou craignons-nous surtout d’être confrontés à nous-mêmes ?
Références :
LE DÉSIR EN PHILOSOPHIE : SPINOZA, ÉPICURE ET SCHOPENHAUER
https://collegedesbernardins.fr/magazine/article/desir-philosophie-spinoza-epicure-schopenhauer
Addiction : Téléphones, médias sociaux et compulsions: https://www.lact.fr/nos-videos-articles/664-addiction-telephones-medias-sociaux-et-compulsions
Le Divertissement
https://www.philolog.fr/le-divertissement-pascal/
La société des addictions https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-societe-des-addictions
