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Rencontre hebdomadaire autour d'un thème donné pour débattre dans un café. Tout le monde est le bienvenue, venez comme vous êtes, avec vos connaissances, vos idées, et votre point de vue.
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Café-Philo du Mardi
Le Café de la Cloche, 4 Rue de la Charité (Lyon 2ème), Lyon, FRRDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au Café de la Cloche proche de la place Bellecour.
Sujet de la séance du 30 juin: Le suicide
Problématique: Le suicide est-il l'ultime liberté ?Texte introductif proposé par Jean V. :
Être, ou ne pas être, c'est là la question. [...]Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,[...], s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon?
Les doigts glacés d’un capitaine décédé agrippent le gouvernail, laissant le navire errer dans une mer cruelle. Dans un monde absurde, le seul sens de la vie est celui de la tombe. Alors pourquoi allonger le chemin ? Un homme n’a-t-il pas le droit de regarder les souffrances à venir et de dire « Non ! Je refuse ces futilités ! ».Rome répondait oui à cette question avec son « dégoût de la vie » (Taedium vitae). Le résigné, dans son ennui existentiel décide tout simplement d’arrêter. Celui qui n’a pas peur de la faucheuse doit cependant être libre. Libre aux yeux de la justice, libre de dette et de maladies. Un esprit embrumé d’émotions ne peut conduire au trépas, seul le stoïque peut librement choisir de payer son obole à Charon.
Partir au bon moment est un art difficile. Certains s’envolent trop tôt et beaucoup dépérissent trop tard. Être vivant, c’est désirer, rire à gorge déployée, saisir l’instant. Il faut descendre au royaume de Pluton avec un feu rougeoyant dans son esprit, la coquille vide sénile a raté sa mort ! Pourtant, la main serrant le poinçon tourné contre soi tremble.
Mais être vivant, n’est-ce pas désirer d’être ? Tout ce qui est, désire survivre. Le conatus est le tremblement de la main, ce désir de persévérer dans son être, d’en augmenter la puissance. Intrinsèquement, nous cherchons tous notre conatus. Les affects extérieurs qui l’améliorent provoquent inévitablement de la joie, et inversement. Celui qui ne veut plus être, ne devient pas dégoûté de son existence ex nihilo, une flagellation l’y a poussé, a érigé une montagne de désespoir dans son âme, le transformant en un atlas s’écroulant sous le poids du monde. Devrait-on lui rendre service ? Faire trembler sa main pourtant si statique ?
Car le seul problème philosophique vraiment sérieux est trop vaste pour un seul homme. Autrui se dresse sur le chemin de l’ultime destination. La question ne se résume plus à quitter ce monde mais à quitter qui. Les dédains du monde subsistent toujours dans la larme de la veuve. La main retenant le poinçon d’Hamlet est-elle celle d’un bienveillant ou celle d’un tyran ?
Pour le dire simplement : le suicide est-il le sommet de la maîtrise de soi face à l'absurde du monde, ou est-il la preuve que le monde extérieur a fini par détruire notre désir de vivre ? Du samouraï qui se donne la mort par honneur jusqu'aux débats contemporains sur l'euthanasie et la fin de vie, est-on l'auteur de son acte ou réagit t'on au monde ? Est-ce un acte de liberté absolue, ou le signe qu'on n'a plus aucune liberté ?
Bibliographie :
- KIM, Eunju, « Suicide, conatus et conflictualité chez Spinoza », Astérion [En ligne], n° 23, 2020. Disponible sur : https://journals.openedition.org/asterion/5222
- WIKIPÉDIA, « Taedium vitae », Wikipédia, l'encyclopédie libre. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Taedium_vitae
- NIETZSCHE, Friedrich, « De la mort libre », dans Ainsi parla Zarathoustra, traduit par Maël Rénouard.
- CAMUS, Albert, « L'absurde et le suicide » (Chapitre 1), dans Le Mythe de Sisyphe.
- SHAKESPEARE, William (à débattre), « Monologue d’Hamlet », dans Hamlet, traduit par François-Victor Hugo.25 attendees
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