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Details

RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au café de la Cloche proche de la place Bellecour.
Deuxième séance au café Français :
https://www.meetup.com/cafe-philo-lyon/events/314736340

Sujet de la séance du 12 mai: Le sacré
L'être humain a-t-il besoin de sacré pour vivre ?
Text introductif proposé par Sébastien J. :

Le mot sacré vient du latin sacer, de sancire, « rendre inviolable », « consacrer », « prescrire », « interdire ». Sacer désigne ce qui est retranché, séparé et ne peut être touché sans être souillé et sans souiller. Le sacré est ce qui vaut absolument au point de ne pouvoir être touché, sauf précautions particulières, sans sacrilège.

Durkheim, dans Les formes élémentaires de la vie religieuse, présente la bipartition entre le sacré et le profane comme l’essence même de la religion et du religieux. Cependant nous pouvons également parler de sacré pour désigner ce qui est en rapport avec le divin, dans ce cas il ne s’agit pas de diviser le monde en deux domaines qui peuvent être distingués mais d’avantage de “dimension sacrée“, ou “du sacré” (et non des lieux ou des choses sacrées).

En effet la sacralisation même de certaines choses n’est pas consubstantielle à toutes les religions, puisque la présence de lieux ou d’objets sacrés a été mise en cause par la réforme protestante. Ainsi le protestant ne conçoit de sacré qu’en Dieu, et non dans sa créature (le pain et le vin de communion), dans les hommes (les saints) ou dans les productions humaines (le temple, l’Église comme institution).

Cependant, devrait-on voir le recul du fait religieux, dans les sociétés modernes, comme ce qui est à l'origine d’un reflux du sacré ? Si on considère le sacré comme un besoin universel des sociétés humaines - ainsi que le formule notre problématique - il faudrait alors considérer qu’il ait pris de nouvelles formes. En refusant cette hypothèse et en persistant à voir un besoin fondamental de sacré, certains peuvent considérer que nos sociétés auraient fait fausse-route en s’éloignant d’un besoin fondamental de sacralisation. Faudrait-il croire que nous sommes en sursis ? Que nous risquons à tout moment de resombrer dans une violence dont nous aurait préservé la sacralisation… alors même que la modernité a vu la violence interne à ses sociétés diminuer ?

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 proclame « les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme ». Le caractère sacré de la religion aurait-il été transféré aux symboles républicains ? Ainsi nous pouvons percevoir de la sacralisation dans les commémorations, mais le processus de désacralisation n’aurait-il pas également touché ce sacré républicain (drapeau, hymne…). Ces sacralisations seraient-elles factices en vue de celles appuyées sur une ferveur religieuse ? Pourtant, l’Église a l’autorité de sacraliser ou de désacraliser un lieu. Mais l’État moderne peut-il parvenir à avoir cette même autorité d’instauration du sacré ? Le doit-il seulement ? Ne devrait-il pas même renoncer à l’autorité du sacré, pour s’appuyer uniquement sur le droit, justifié sur des bases sur lesquelles on peut argumenter ? On peut entendre qu’il serait illusoire que chacun respecte la loi s'il ne la considère pas comme sacrée. Or dire qu’il faut que quelque chose (ou quelqu’un) soit sacré pour être simplement respecté, ne serait-ce pas un abus de langage ?

Chacun peut-il voir le sacré à sa porte ? Je peux toujours déclarer que telle ou telle relation ou valeur est sacrée pour moi… (le mariage, la liberté). En faisant ainsi, en quoi ce que j’évoque diffère-t-il de ce qui est désigné par le sacré religieux ? Si j’affirme que certaines valeurs ou institutions ont une importance suprême pour moi, en quoi ne serait-ce pas une sacralisation légitime ? On peut me rétorquer qu’il s’agit d’une simple préférence personnelle… mais ce sentiment peut être partagé si je fais partie d’un collectif qui sacralise un objet commun, que ce soit l’image d’une pop star ou la parole d’un leader politique ? Mais, dans la perspective ou chacun considère ce qui compte pour lui comme sacré, comment dialoguer entre des personnes ayant sacralisé des valeurs à priori incompatibles ?

Définitions
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9S0091

Comment définir le sacré ? - Frédéric Worms
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-philo/comment-definir-le-sacre-7770745

Pourquoi a-t-on oublié "La violence et le sacré" de René Girard ? - Frédéric Worms
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-philo/pourquoi-a-t-on-oublie-la-violence-et-le-sacre-de-rene-girard-8294833

Châtiment, sacrifice, mutilation rituelle : le rapport au sacré est-il nécessairement violent (extrait) ? - Stéphane Dufour
https://shs.cairn.info/revue-l-enseignement-philosophique-2025-1-page-43?lang=fr

Peut-on parler de lieux sacrés dans le christianisme ? - Marc Levatois
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/fait-religieux-et-construction-de-l-espace/articles-scientifiques/peut-on-parler-de-lieux-sacres-dans-le-christianisme

Extension du domaine du sacré - Stéphane Dufour
https://shs.cairn.info/revue-questions-de-communication-2013-1-page-7?lang=fr#s1n5

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