Café-Philo du Mardi
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RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au café de la Cloche proche de la place Bellecour
Sujet de la séance du 7 juillet: Le héro
Problématique: Le héro est-il enviable ?
Texte introductif proposé par Axel B. :
Le héros est-il enviable ?
La question pourrait sembler triviale.
Athéna, Zola, Batman, Griezmann, Valéry Giscard d'Estaing… nous avons toutes et tous pris un jour plaisir à nous retrouver à la place de l'un de ces héros qui enflamment notre imaginaire, que ce soit pour vivre par procuration leurs aventures, profiter comme eux des fruits de leur gloire ou simplement esquisser un kaméhaméha dans une cour de récréation.
Et pourtant...
Même les tragédies ont des héros. Il semblerait que, par définition, ceux-ci ne soient guère enviables... Car il subissent invariablement la cruauté du destin, a minima de leur vivant, et pour les moins chanceux de leur mort. Encore que, le Héros, même tragique à tout de même le privilège d'être au centre de l'action, de se savoir acteur de la marche du monde. Quitte à vivre une tragédie, la souffrance héroïque ne serait-elle alors pas enviable à celle, banale et inutile des médiocres que nous sommes ?
On pourrait objecter que le héros a souvent des pouvoirs hors norme, que chacun rêverait d'avoir. La force d'Hercule, la ruse de Renart, la main de Maradona. Il peut de plus, souvent regarder le danger sans crainte, affronter l'adversité sans broncher. Mais au fond, ces qualités n'existent-elles pas aussi en dehors des Héros ? Et si on les jalouse, ne serait ce-pas la qualité, plutôt que l'héroïsme, qui se verrait envié ?
Et quand bien même nous nous intéresserions au cas du héros glorieux des guerres gagnées et des histoires qui finissent bien. Si nous prenions la place de l'un d'eux, ne serions-nous pas écrasés par le poids des espoirs du monde ? Serions-nous capables de rester nous-même, alors que les attentes de nos admirateurs nous intiment d'être ce qu'ils projettent sur nous ? De supporter la solitude des sommets ? Et voudrions-nous vraiment des traumatismes, qui souvent, accompagnent les épreuves, qui permettent de s’élever à leur niveau ?
Nous laisserait-on le choix, d'ailleurs ? On pourrait objecter que le héros est avant tout une figure de fiction. Qu'il n'est jamais désigné que par un mythe partagé, ou à minima par ceux qui le reconnaissent comme tel et créent donc sa légende. La figure héroïque est-elle vraiment miscible avec la personne de chair et de sang qui l'a incarnée ? La question, alors, aurait-elle encore du sens ?
D'autant que le sujet est plus quotidien qu'il n'y paraît. En effet, qui ne s'est jamais découvert, parfois malgré soi, le héros d'un enfant de son entourage ? Petit frère , nièce ou fille d'amis, il est courant de se découvrir héros dans une petite tête. Est-il si enviable de se voir accorder pareille importance ? Pour l'élu comme pour l’électeur ?
Je l'ignore. Mais bon.
Que celui qui n'a jamais envié Giscard me lance la première prise de parole.
Ressources :
Héros tragique
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9ros_tragique
Pourquoi les héros n'ont-ils pas peur ?
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-philo/pourquoi-les-heros-n-ont-ils-pas-peur-7961435
GiscardPunk
https://www.youtube.com/watch?v=KKhnDzRgsW8
