Café-Philo du Mardi
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RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30), au Café de la Cloche proche de la place Bellecour.
Sujet de la séance du 4 aout: L'altérité - L'altérité nous définit-elle ?
Texte introductif proposé par Caroline N. :
Issu du latin, alter, autre, l'altérité exprime ce qui est de l'ordre de l'étranger, de ce qui n'est pas soit. Elle est intrinsèquement liée à la notion d'identité et aux délimitations de celle-ci, mais comment définir cette dernière ? Comment peut-on la réduire en une unité indivisible ? Et comment la conjuguer dans le temps ? Si l’identité est ce qui nous est propre, l'ensemble de nos propriétés ou attributs (petit, grand, chauve...), l'altérité est simplement le fait d'en posséder des différentes. Et si l'on considère l’appartenance à un groupe comme constitutif de notre identité, l'autre est celui qui n'en fait pas partie... Cependant n'est-il pas courant qu'un groupe se définisse en opposition à l'autre ? Donc que l'on ait besoin de l'autre pour se définir ?
L'innéisme est la pensée selon laquelle l'identité serait déterminée par des attributs immanents de l'être. En suivant ce schémas nous serions ce que nous avons toujours été, il y aurait un substrat immuable et les changements, les altérations ne seraient que superficielles, accidentelles.
En opposition, Hume définit l'identité sous le prisme de l'empirisme. Elle serait le produit de l'ensemble des perceptions de nos expériences vécues, expériences tissées par l'altérité. Ainsi si nos idées proviennent de notre environnement, quelle serait la part réellement inhérente de nous-même ? Si l'environnement familier devient l'habit que l'on revêt, quel est notre pouvoir de nous modeler nous-même ? Serait-il illusoire ?
Paul Ricœur oppose pour sa part une identité dite "ipséité", qui réside dans la part de la personnalité de quelqu'un que nous tenons pour être responsable : qui sera amenée à répondre de ses actes. Nous pouvons également évoquer une l'identité narrative, ou récit de soi durant sa vie, qui est une mise en intrigue des événements relatifs à une personne de telle sorte qu’à des bribes d’histoires se substitue une histoire cohérente.
Par la seule lecture d'un livre, je m'immerge dans l'altérité, celle qu'incarne son auteur, je ne sais pas quand je pourrais en sortir et revenir à moi, et si je serais toujours moi-même ? Ou si mon esprit influencé, voir altéré par cet autre ne laissera pas place à un individu différent de ce que j'étais jusque-là. La curiosité de l'inconnu me transforme-elle en une créature que je ne connais pas, fluctuante monstration dont je ne peux détourner le regard ? Serais-je un miroir réfléchissant de cet être autre par l'intermédiaire de ses paroles, de ses œuvres, de son éducation ou de tout autre instrument de transmission ? Mais qu'est-ce qui me pousse à lire tel livre ou à regarder telle image ? N'y a-t-il pas une part de moi dont l’appétence me pousse à aller vers telle ou telle œuvre ?
Si mon environnement me définit et que l'altérité reflète ce que je suis... où se situe alors la frontière entre l'autre et le moi ? Le communautarisme - ou encore le fait de rester sur les sentiers battus des habitudes propres à son groupe - ne conduit-il pas à effacer les différences et à former des individus similaires les uns aux autres ?
Peut-on être pleinement influençable sans pour autant perdre son intégrité ? N'est-ce-pas, par la reconnaissance de la différence avec l'autre, en s'appropriant des modes de pensée qui juste là nous étaient inconnus, que l'on peut accepter l'autre comme une entité que l'on ne peut pleinement comprendre mais dont l'existence donne du sens à notre vie ?
Altérité
https://www.philosophes.org/glossaire/alterite/
La question de l'identité dans les livres
https://www.youtube.com/watch?v=ppDfWO8h7ww&list=WL&index=3&t=1s
L'identité chez Hume
https://www.youtube.com/watch?v=52077nWSkPM&list=WL&index=32
Identité et ipséité chez Paul Ricœur
https://www.youtube.com/watch?v=jwtp6O3_CEg&list=WL&index=6
