Café-Philo du Mardi
Details
RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30) au Ninkasi Guillotière.
Nombre de places limité, une deuxième séance aura lieu en parallèle au Café de la Cloche.
Merci de penser à vous désinscrire en cas de désistement.
Sujet de la séance du mardi 8 septembre: Le temps - Sommes-nous esclaves du temps ?
Texte introductif proposé par Elena V.
Qui n’a pas rêvé de voyager dans le temps ? Ou de l’arrêter, voir l’accélérer, pour qu’un événement fort désiré arrive au plus vite ? Il s’écoule alors qu’il est toujours là, on voudrait le rattraper, le prendre, parfois même le tuer, le temps nous échappe et sa nature reste un grand mystère.
Par les temps qui courent, pris dans le rouage de l’immédiateté, nous avons le sentiment de subir l’accélération vertigineuse de notre rythme de vie, car les machines, quand elles ne travaillent pas à notre place, nous sollicitent sans remords. Implacable force extérieure qui nous entraine vers notre propre finitude, rappelant notre impuissance face à l’irréversibilité, le temps exhorte ainsi l’imploration du poète « Ô temps ! suspends ton vol : et vous, heures propices, suspendez votre cours ! ».
Le temps peut pourtant prendre plusieurs visages, les philosophes Grecs différentiaient Aïon, le Temps Eternel, cyclique, de ses deux fils Chronos (le temps linéaire, mesurable donc, d’une certaine manière maitrisable) et Kairos (le moment opportun).
Augustin considérait que le temps est à l’intérieur de l’esprit, passé et futur n’existent que dans la mémoire et l’attente. Pour Kant « le temps n’est pas quelque chose qui existe par soi-même. Le temps n’est autre chose qu’une condition subjective de notre intuition ». Une certaine maitrise de notre état intérieur pourrait donc avoir un effet sur la durée perçue d’un événement ? Le débat sur nos perceptions de phénomènes temporels continue avec les existentialistes, pour lesquels nous sommes ce que nous faisons de notre temps – voilà un fort moteur pour mener une vie authentique !
Le temps ne serait-il donc pas qu’une prison extérieure ? La beauté du Dasein (être là) heideggérien consisterait justement dans sa fragilité, la conscience de la mort donnerait ainsi de la valeur au choix.
L’adage nietzschéen «celui qui n’a pas les deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave » nous renvoie vers notre soumission à une certaine organisation sociale ainsi que vers nos propres choix de donner ou pas du sens à notre temps.
Le temps peut parfois prendre la forme d’une solution, quand la nuit porte conseil, quand il panse nos blessures ou quand il nous TEMPère tout simplement.
A la recherche du temps perdu, l’humain dévore des madeleines, produit des œuvres d’art intemporels, s’invente d’apaisantes croyances d’immortalité. En regardant l’Univers et en voyant son passé, il a compris que le temps coule plus vite en s’éloignant de la surface de la Terre. Esclave émancipé qui ne baigne jamais dans le même fleuve, il est libre de fleurir les rivages de son temps.
Temps (philosophie)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_%28philosophie%29
Le Temps - Cours de Philosophie
https://www.youtube.com/watch?v=PBf79nzzGKI
Sommes-nous soumis au temps ? - Série de Podcasts
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-sommes-nous-soumis-au-temps
