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Details

RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30) au Ninkasi Guillotière.

Nombre de places limité, une deuxième séance aura lieu en parallèle au Café de la Cloche.
Merci de penser à vous désinscrire en cas de désistement !

Sujet de la séance du 15 septembre :
La transmission - La transmission entrave-t-elle la création ?
Texte introductif proposé par Sébastien J.

La transmission est un sujet encombrant… Lorsqu'on l'évoque, nous avons tendance à penser à la transmission de connaissances cumulables, comme celles de la science, un savoir parfaitement formalisable, ou bien la transmission d’un héritage. Nous sommes tentés de voir la culture sous la forme d'un patrimoine, comme s'il s’agissait d’une somme d'objets qui peuvent passer à l’identique et s'enrichir de génération en génération.

Mais qu'il s'agisse pour une grande part d’un patrimoine immatériel ou de sa part tangible, matérielle, la manière dont il sera reçu et toujours imprévisible : quel sera le regard qu'auront nos successeurs sur les vestiges de notre époque ? Nous ne pouvons considérer le contenu de ce qui est transmis indépendamment du jugement, de la compréhension, de l'intérêt, que lui porteront les générations suivantes.

Si l’on considère l’histoire de la pensée et de la science, nous pouvons considérer que chaque penseur vient d’une certaine manière répondre à ses prédécesseurs, pour poursuivre leur cheminement ou à l’inverse pour les réfuter. Dans cette perspective, la transmission semble indispensable à la création, en effet celui qui n'a hérité qui ne s’inscrit dans aucun cheminement devra tout rebâtir de ses mains : dans sa méconnaissance il peut ainsi croire innover mais malgré lui “réinventer la roue”.

Devrait-on se sentir fières de notre héritage, a minima adopter une posture compréhensive afin que nous soyons en capacité d’en faire bon usage ? Jusqu’à quel point le respect doit-il être poussé, au-delà duquel il se transforme en dogmatisme et idolâtrie du passé ?

Pour autant, que notre posture vie à vie de celui-ci soit nostalgique ou critique, il semble inévitable que nous acceptions une part du cadre hérité. La langue et les structures de pensée fondamentales qu’elle véhicule en constituent le socle. A priori nous supposons couramment que pour être créatif il faudrait être capable d’en sortir, comment une telle performance est-elle possible ? Autrement dit : si il faut trouver une pilule rouge pour sortir de la matrice idéologique de notre temps, quelle est la nature de cette pilule ?

En cherchant à s'opposer à ce qui nous précède, il y a des chances que nous restions prisonnier des termes dans lesquels sont posés les problèmes. Pourtant il faut bien constater que les cadres de pensée évoluent. Comment passe-t-on de l’opposition au dépassement, à la synthèse ?

Si la transmission d’un contenu particulier peut être ce qui nous entrave, ne peut t-on pas envisager transmettre la créativité elle-même? Un intérêt, voire une faculté pour la création pourraient-ils se transmettre ? Procéderait-il par imitation, passant par l'admiration pour du génie créateur, le Léonard de Vinci, à celle du tonton bricoleur et son enthousiasme contagieux ? Comment distinguer la créativité du simple goût pour la nouveauté pouvant être détournée, comme lorsqu'il s’agit de se procurer la dernière personnalisation d’un objet par ailleurs standardisé.

Quel est le rapport entre l’acte de création lui-même et les idées que nous avons en amont : faut-il nécessairement avoir une idée originale pour que notre œuvre le soit ? Quelles sont les conditions qui peuvent étouffer ou favoriser la création ? Ne peut-elle pas découler d’une situation dans laquelle nous n'avons pas le choix que d'innover ? Un accueil bienveillant pour l'innovation est t-il toujours favorable ? La résistance au changement et le conformisme ne peuvent-ils pas parfois nous aiguillonner ?

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