Café-Philo du Mardi
Details
RDV à partir de 19h20 (début de la séance 19h30) au Ninkasi Guillotière. Le sujet voté lors des précédentes séances ainsi qu'un texte introductif seront publiés quelques jours auparavant.
Nombre de places limité, une deuxième séance aura lieu en parallèle au Café de la Cloche.
Merci de penser à vous désinscrire en cas de désistement !
Sujet de la séance du 29 septembre :
La vulnérabilité - La vulnérabilité est-elle nécessaire au plaisir
Texte introductif proposé par Axel :
Afin d'éviter l'écueil du hors sujet, précisons tout de suite les termes. La question n'est pas de savoir si la vulnérabilité causerait systématiquement le plaisir. La réponse serait en effet triviale, les personnes les plus vulnérables ne semblant pas les plus sujettes à l'extase.
Il s'agit plutôt de se demander en quoi la vulnérabilité peut en être une condition non suffisante. En d'autres termes : Sans vulnérabilité, le plaisir reste-t-il possible ?
Le terme vulnérabilité, Du latin vulnus, "ouvert à la blessure", est défini comme un synonyme de la fragilité, elle-même définie à la fois le caractère de ce qui peut casser facilement, qui manque de solidité, mais aussi comme ce qui possède un caractère éphémère. On pourrait y ajouter le fait d'être l'élément le moins résistant d'un ensemble : la vulnérabilité d'un système étant souvent, comme le point faible d'une armure, sa zone la moins solide. Ceci dit, si la vulnérabilité peut décrire une caractéristique intrinsèque, elle est plus souvent un état de fait. On peut en fait être en situation de vulnérabilité dans une situation, à un moment de son existence, et par la suite en sortir. Ajoutons que, parler de vulnérabilité suppose de se demander à quoi. En effet, on est rarement vulnérable à tout en même temps : une même personne peut être vulnérable à un virus et pas à un autre, par exemple.
En ce qui concerne le plaisir, le Robert est plus prolixe : Il le définit comme la "sensation ou émotion agréable, liée à la satisfaction d'un désir, d'un besoin matériel ou mental", ou encore au sens de jouissance comme "les sensations érotiques agréables, notamment dans l'acte sexuel". On voit ici une définition double, englobant une sensation agréable intellectuelle comme sensorielle. En philosophie, il est généralement associé à l'hédonisme, voir au cynisme.
Ce qui nous ramène à notre problématique : la vulnérabilité est-elle nécessaire au plaisir ?
Au premier abord, il pourrait sembler que non. Nombreux sont les plaisirs qui ne requièrent aucun risque ! En effet, pas besoin de s'exposer pour profiter d'un bon livre, d'un café ou d'une promenade en forêt. Au contraire, il pourrait même sembler que la vulnérabilité ne puisse que gâcher la vie de ceux qui la ressentent. Qui ne s'est jamais senti incapable de profiter d'un moment à cause de l'angoisse causée par une peur, rationnelle ou non ?
Et pourtant cette idée, Faustienne s'il en est, est remarquablement présente dans la pop culture. Que ce soit l'équipage maudit de Barbossa dans le premier pirate des caraïbes, ou l'ambigu Olgierd après son pacte avec le démon dans le jeu vidéo Witcher 3, on retrouve la figure de l'humain qui, après in pacte avec des forces surnaturelles, se retrouve immortel, invulnérable, mais incapable de jouir des plaisir de ce monde. Il semble donc que cette figure fascine. Mais possède-t-elle pour autant une réalité palpable ?
D'ailleurs si certains plaisirs ne semblent pas dépendre de la vulnérabilité, est ce le cas de tous ? Nombreux sont en effet ceux qui ressentent un plaisir particulier à s'exposer au risque, à se mettre en danger. Que ce soit une vulnérabilité très physique dans le cas par exemple d'un adepte de saut à l'élastique, ou plus émotionnelle lors d'un karaoké en public. Comme si certains plaisirs n'existaient que lorsque le sujet, sortant de sa zone de confort, s’expose, et que de sa vulnérabilité naissait un plaisir spécifique, différent, et inatteignable autrement.
Enfin, les littéraires parmi nous ne pourront éviter d'évoquer sur pareil sujet un marquis illustre, une Vénus à fourrure, ou même quelques histoires d’O pleines de nuances de gris. La sexualité, et en particulier le BDSM, est un domaine où, qu'on le veuille ou non, les plaisirs de la vulnérabilité consentie fascinent les foules. Afin de ne froisser aucune pudeur, je laisserai les pages wikipédia en source pour les plus studieux.
En résumé, seul un fou pourrait penser la vulnérabilité littéralement nécessaire à tout plaisir. Mais alors pourquoi diable cette idée nous interpelle-t-elle tant ?
Sources :
Définition du mot vulnérabilité :
https://dictionnaire.lerobert.com/definition/vulnerabilite
Définition du mot plaisir :
https://dictionnaire.lerobert.com/definition/plaisir
Wikipédia, Hédonisme :
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9donisme
Wikipédia, Marquis de Sade :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_Alphonse_Fran%C3%A7ois_de_Sade
Wikipédia, Histoire d’O :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27O
